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Je
fais comme tout le monde, je passe et je repasse autour
de l’étang, je vais de Vitrolles à Berre,
de Marignane à La Mède, de Martigues à
Istres, je jette parfois un regard sans voir (avec une pensée
triste : quel gâchis…) sur cette grande étendue
d’eau que constitue cette véritable mer intérieure,
autrefois nommée mer de Martigues qui est aujourd’hui
l’étang de Berre.
Parfois
j’aperçois un spectacle insolite, ou plutôt
ne cadrant pas avec le cliché de l’étang.
Un cygne majestueux et immaculé passe. Il est fou
! Ou alors la nature est si forte qu’elle s’adapte
à la pire des pollutions ?
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Une
autre fois l’avion qui me ramène de Paris survole
une étendue camarguaise et stupéfiante ou seul
le voisinage des cuves de pétrochimie indique que nous
sommes à Berre. |
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Une
autre fois encore lors d’une Sainte Barbe au centre de
secours de Vitrolles, j’aperçois avec incrédulité
un vol de flamants roses sur les Salins du Lion à deux
pas des pistes de Marignane. |
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Mais
je chasse vite ces images incongrues, l’étang est
un cloaque hydrocarburé n’est ce pas ? Il n’y
a rien à faire ? Et de toutes façons personne
ne fait rien ! C’est la faute aux industriels et à
la centrale électrique et les politiques s’en lavent
les mains (mais pas dans l’étang trop sale !) quant
aux associations : de doux rêveurs… |
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Il
fait beau ce jour là sur la base nautique de Vitrolles,
je bavarde avec Gérard le « Milétang »
sorte de professeur Tournesol (pour la surdité, et le
savoir !) à qui je pose des questions sur l’étang
car il y a longtemps que je veux savoir la vérité.
Je n’aurais pas pu mieux tomber, car ce monsieur passionné
par son sujet est aussi un homme intègre, calme et pondéré
.En quelques mots, il me résume la situation de l’étang. |
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En
bavardant il convient devant moi que la communication ne passe
pas sur l’étang (d’autant que le problème
est complexe) ou alors quand elle passe, c’est qu’elle
est négative. Il regrette que ce combat puisse s’arrêter
en raison de l’isolement des vieux militants et de la
défection des moins de 35 ans dans la lutte pour l’environnement. |
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Sans
donner de détails je propose à Gérard,
nous sommes des quasi inconnus l’un pour l’autre,
de monter une action qui permette de faire, peut-être
avancer les choses et il accepte ! C’est à ce moment
que je décide de descendre à Marseille à
la nage. Nous sommes le Dimanche 11 mai 2003. |
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